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Ces mois de juillet & août sont consacrés aux Artistes :
Annie FYOT & Christian FEVRIER
Toutes les photos de ce reportage ont un droit d'auteur !! |
Le Bestiaire marin d'Annie Fyot et Christian Février
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Enfouie dans le sable, révélée toute luisante par le jusant ou repoussée par le vent au delà de l’estran, une faune étrange épie le promeneur à son insu…Petite ballade dans le monde étrange des animaux pétrifiés...
Les petits estuaires des ruisseaux se ruant à travers les plages sont les vraies mines de notre ménagerie. De bois ou de pierre, léchés par le vent, polis et repolis par le ressac, ou échoués après des d’incroyables randonnées, leur masque de gisants nous interpelle soudain.
Chasseurs ? Voilà vingt-cinq ans qu’Annie et moi traquons ce bestiaire marin, aux hasards des escales. C’est une collecte lente. Qui s’enrichit par à-coups, dans des lieux inviolés ou rarement visités. |
Nos futurs trophées se trouvent sur la rive, tout au haut de l’estran, mêlé de bouquets d’algues multicolores et de petits galets, où les étoiles de mer améthystes étouffent d’énormes clams. Les animaux objets de notre quête, ce sont les branches arrachées aux arbres, roulées, usées par le vent et les vagues, amenés par les courants, ou le torrent voisin. Un œil creux ou protubérant surgit parfois… Départ d’une branche plus petite, depuis longtemps arrachée. Une bouche, un bec, une nageoire se dessinent...
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A Noël 1984, j’ai déniché mon premier bois flotté comme on trouve un œuf de Pâques dans un jardin. Sur une plage déserte, non loin de Las Terrenas, à Saint Domingue. C’était le Mérou. Quel âge avait-il ? La peau était aussi dure que de l’ébène. La bouche entrouverte voulait transmettre un dernier message. Peut-être la vision du passage au large de la plage d’une embarcation inconnue, au matin du 12 janvier 1493. La Niña…
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Captivé par ma trouvaille, je poursuivi cette traque animalière. Sur la même plage, je découvris le crâne d'un saurien imaginaire. Le Hérisson- en fait une demie noix de coco ! -, et la Loutre furent trouvés en Guadeloupe, un peu plus tard.
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L'un de mes trésors, le Brontosaure, fut déniché dans le jardin d’un pêcheur de homard, des Iles de la Madeleine, au beau milieu du Golfe du Saint Laurent. Il mesure près d’un mètre cinquante de long. Nous l’avons transporté avec mille précautions en camionnette sur la plage où il avait été découvert. Ce qui est remarquable, c’est le nombre d’éléments d’identification : la silhouette, l’appui sur les pattes de devant, l’œil au bon endroit, la queue longue coudée. Jusqu’aux crevasses de l’écorce séchée, mimant les écailles. Ou les muscles des membres ! |

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Les plages désertiques de Nouvelle Zélande sont une vraie mine d'or. Les éléphants, |
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le petit poison avec son étonnant oeil de pierre serti, le vautour, |

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l'oie à tête noire. Et surtout l'étonnante Chimère débusquée par Annie et son Ganesh, la divinité hindoue à tête d'éléphant et ses bras multiples. |
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Nos dernières trouvailles, nous les avons découvertes dans le sud des Iles de la Reine Charlotte, dans le nord Pacifique. Juste sous la frontière de l’Alaska. Cet archipel, situé au large de la Colombie Britannique; regorge de troncs d'arbres échoués sur les plages. Difficile d’accès, on y vient en voilier. Ou en avion. Les tribus d’Indiens Haida y vivaient. Leurs derniers totems grimaçants se dressent encore sur les vestiges de leurs anciens villages, comme à Ninstint. Les hautes montagnes sont couvertes de splendides cèdres rouges et de spruces vertigineux. Sans doute les derniers grands exemplaires. Chaque année à l’époque des pluies les torrents charrient des tonnes d’arbres morts vers les criques et les plages. Les vagues du rivage font le reste. Roulés des millions de fois, broyés, limés, polis ou écorchés, ils leur arrivent de revêtir soudain une apparence animale. Tout au moins dans notre imaginaire ! |

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Un terrain de chasse idéal. Quelques photos proviennent d’une toute petite île, Hotspring. Littéralement: source chaude. Une plage couverte de centaines de tonnes de cèdres, années depuis les rives voisines par les vents d’ouest. Un fantastique cimetière végétal. Où nous avons trouvé des tortues, un Tyrannosaure et un ravissant oiseau. |
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Annie défend farouchement son territoire. Et le limite d’entrée ! Pas question de jouer les rabatteurs et d’avancer en ligne. Nous progressons donc en solitaires, chacun dans notre coin. Au final, la moisson est plus riche et nous confrontons plus tard nos trouvailles.
Nous avons quelques règles. D’abord respecter l’environnement. Pas question de bouger nos trophées. Ou de rajouter des éléments. Nous essayons de les photographier tels qu’ils s’offrent à nos yeux. Ne pas tricher. J'ai du faire exception pour le Poisson, impossible à photographier dans le monceau de racines où il était coincé. Et bien sûr, le Brontosaure. |

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Comme optiques, notre préférence va à l’objectif macro, qui permet d’approcher à quelques dizaines de centimètres seulement. Un petit zoom 28-80 ou grand angle sont aussi utiles. Un télé de 300 mm permet d'adoucir les fonds et de mettre en valeur le sujet. Le choix du cadrage reste le plus important.
Souvent, se coucher dans le sable, les galets et parfois la vase est nécessaire.
Annie Fyot & Christian Février
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